Par Anonyme - Publié le 20 décembre 2023 à 10h57 - Mis à jour le 20 décembre 2023 à 11h00

Que signifie "POSTIER, CHEVAUCHEUR ROYAL & FAC"

La Poste vient déposer la lumière sur le seuil de la cabane du pauvre comme à la porte des palais. Cette phrase de Tocqueville, énoncée au milieu du XIXème siècle, confirme le caractère universel du service postal. L’histoire remonte aux premiers chevaucheurs royaux du XVème siècle…

La naissance de la Poste
En 1477, Charles le Téméraire, rival de Louis XI, mène la guerre en Lorraine. Le roi veut être informé rapidement du déroulement des hostilités. Il a l’idée de disposer ses chevaucheurs de distance en distance sur la route de l’Est pour que, galopant de l’un à l’autre, ils se transmettent le message de la main à la main. Ces hommes sont dits "chevaucheurs tenant le poste pour le roi". Le mot "poste" désignait jusque là la place de chaque cheval dans l’écurie ; il prend alors un sens nouveau.
C’est Louis XI qui aurait ensuite créé les relais de Poste par un édit du 19 juin 1464, posant ainsi les fondements du système actuel : franchise postale, secret professionnel et inviolabilité des correspondances. Sous Louis XIV, Louvois va lui donner sa vraie dimension, ouvrant de nouveaux relais (la distance entre deux relais passe d’une trentaine de kilomètres à seize), supprimant les maîtres de courrier et installant des maîtres de poste. Il crée la Ferme nationale, véritable institution postale nationale par laquelle tout vient et passe, et esquisse ainsi le monopole.

Les bottes de sept lieues des chevaucheurs royaux
Certaines routes sont alors "montées en poste", avec des relais à intervalles réguliers. La distance qui séparait deux relais de Poste tels que les avaient créés Louis XI, distance que parcouraient au galop les messagers postaux chaussés de grandes bottes rigides, était au départ d’une trentaine de kilomètres : les fameuses sept lieues que le conte de Perrault a fixées dans nos mémoires. Au XVIIIème siècle, il est fréquent de voir une même famille gérer une maison de Poste depuis deux siècles, le brevet se transmettant de père en fils ou, en cas de décès prématuré, à la veuve devenant maîtresse de Poste jusqu’à la majorité du fils aîné. Par des alliances de véritables dynasties, des mariages, ils tiennent en main la Poste aux chevaux. Un syndicat créé en 1788 défend leurs intérêts professionnels ; ce groupement constitue une "première" sous l’Ancien Régime.

Des chevaux aux locomotives
À partir de 1840, le service postal passe de la route à la voie ferrée : la légendaire malle-poste (celle de la fameuse affaire du courrier de Lyon) disparaît alors, les postillons vont désormais conduire le fourgon qui va de l’hôtel des Postes aux gares et vice versa. L’imbrication se développera ensuite avec les services de tri ambulant.

Vive le facteur !
Les facteurs ruraux sont recrutés à partir de 1830 parmi les anciens soldats de l’Empire car ils sont disciplinés et capables d’exécuter de longs et pénibles trajets à pied par tous les temps. Ils sont rémunérés à la distance parcourue et à la journée : le kilomètre vaut quatre centimes en 1830. En 1835, l’administration préconise le port d’un uniforme. Le statut social du facteur s’améliore ensuite progressivement avec, à partir de 1854, la reconnaissance d’un droit à pension.

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