Par Anonyme - Publié le 20 décembre 2023 à 10h57 - Mis à jour le 20 décembre 2023 à 11h00

Que signifie "RAMONEUR"

Populaire parmi tous, le métier de ramoneur est associé à bien des contes et légendes. Le mythe du petit Savoyard contribue à le rendre sympathique malgré la noirceur de la mise et les misères du travail. Souvent, les ramoneurs sont de jeunes enfants descendus des montagnes pour l’hiver.

Le nettoyage des cheminées s’impose
On s’est longtemps chauffé avec des brasiers et des chariots à feu. C’est au XIIème siècle qu’on commence à construire des cheminées fixes à foyer, surmontées d’une hotte, dont l’emploi se généralise au XVème siècle. Débarrasser régulièrement les conduits de la suie qui s’y dépose est alors indispensable pour écarter le danger des feux de cheminée et des incendies qu’ils entraînent. C’est ainsi que naît et se constitue un corps de métier chargé du nettoyage des cheminées, les ramoneurs, qui doivent leur nom au fagot de branches qu’ils utilisent (en vieux français, raim signifie rameau et ramon signifie balai).
La charge de "ramoneur des maisons royales" est créée et des ordonnances en 1672 et 1698 enjoignent aux propriétaires de tenir leurs tuyaux toujours nets. Au XVIIIème siècle, les ramoneurs, qui se distinguent par un costume spécial et par un numéro qu’ils portent sur leur bonnet, sont jour et nuit dans des bureaux à la disposition des usagers : le prix du ramonage est fixé d’après le nombre des étages des maisons et leur fréquence est liée à l’usage qui est fait de la cheminée. En 1884, une ordonnance de police rend obligatoire le nettoyage des cheminées aux habitants et surtout aux boulangers et aux restaurateurs. Ceux qui négligent de faire ramoner les cheminées sont passibles d’une amende de cinq francs et en cas de récidive d’emprisonnement de un à cinq jours.

Un peuple migrateur
Dès le XVIème siècle, le métier est déjà exercé par de petits Piémontais "à peine sortis de l’escaille". Aux Piémontais se mêlent des Lombards qui, lorsque l’ouvrage manque, mendient et vivent du colportage et de la vente de petis objets d’orfèvrerie et de quincaillerie.
Au XIXème siècle, ramoneur reste un métier de migrants. On les dit "Savoyards" mais ils viennent également du Dauphiné, de Franche-Comté, du Velay, de l’Auvergne, voire des Pyrénées. La migration des ramoneurs est en fait un exode de la montagne vers la plaine, un mouvement d’une région déshéritée vers un pays plus prospère. Les parents ont une bouche de moins à nourrir pendant une saison, les enfants gagnent un peu d’argent. Passer l’hiver dans une région au climat moins rude, échapper à l’école et au dur travail de la ferme, voir du pays, "faire comme les autres" sont d’autres raisons qui peuvent expliquer ces migrations saisonnières. Après accord des parents, les patrons ramoneurs recrutent ainsi dans les régions de montagne de jeunes garçons de six à sept ans, parfois même des filles déguisées en garçons, qu’ils emmènent à pied et par étapes à Paris et dans les villes et les bourgs de province. Chaque patron a le monopole du ramonage dans les localités qu’il traverse.
Au début du XXème siècle, l’émigration des petits Savoyards prend fin avec l’apparition de nouvelles lois sur le travail et pour des raisons techniques : constructions bien plus hautes, aux conduits de cheminée très étroits, accessibles aux seuls hérissons.

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