Par Anonyme - Publié le 20 décembre 2023 à 10h57 - Mis à jour le 20 décembre 2023 à 11h00

Que signifie "PIRATE"

La piraterie est un banditisme : c'est le banditisme des mers et, à ce titre, elle est pratiquement aussi ancienne que les mers et les océans. Chez le pirate, la ruse domine. Son objectif à travers les siècles demeure le même : le butin en hommes et en denrées de toutes sortes.

Un forban venu du fond des âges
Caché, tapi dans une crique, une anse, une petite baie, le pirate attend le riche marchand depuis les temps les plus anciens. Son butin est fait d'hommes réduits en esclavage, convertis en rameurs, vendus sur les marchés, et de denrées de toutes sortes : blé, bois, huile de baleine, tonneaux de salaisons, beaucoup plus rarement de joyaux et de pierreries. Face au pirate, bandit isolé mais opérant en groupe, les États s'organisent : Gênes, Venise, font voyager au Moyen ge leurs marchands en convois. Gênes crée une institution pour indemniser les victimes des pirates génois, l'Officium Robarie et une loi génoise du début du XIIIème s. ordonne la confiscation ou la destruction de tous les biens des pirates, maisons, vignobles et terres.
Ceux-ci ont pourtant le soutien de l'opinion : en 1231, deux célèbres pirates de Porto-Venere étant condamnés à avoir la main droite coupée, une émeute éclate à Gênes et ils réussissent à s'enfuir. Face à ces pirates craints mais admirés, on s'équipe : des fortins et des tours littorales hérissent les côtes, ainsi en Corse, face aux pirates barbaresques, algériens, tunisiens, Salétins, Tripolitains. Les habitats gravissent les collines, les endroits escarpés, bien cachés de la côte. De village en village, on s'avertit de la menace des pirates : on allume un feu au sommet de chaque tour, et autant de feux qu'il y a de voiles ennemies ou suspectes. On craint la razzia, la capture, le bagne d'Alger ou de Tunis.
Pirate ou corsaire ?
À l'époque moderne (XVIème-XVIIIème siècle), le pirate est un homme de mer qui exerce un métier voisin de celui du corsaire quoique juridiquement différent. Le pirate reste un bandit, un écumeur des mers sans foi ni loi qui attaque tous les bâtiments dont il est susceptible de se rendre maître, qu'ils soient ou non ennemis de son pays. Le corsaire, lui, exerce une activité légale car son pays lui a remis des "lettres de marque" ou autorisation d'attaquer les vaisseaux marchands des puissances avec lesquelles son pays est en guerre. Seuls du reste les corsaires dûment patentés sont passés à la postérité : le Dieppois Abraham Duquesne, le Dunkerquois Jean Bart, le Nantais Cassard, le Malouin Duguay-Trouin et son cousin Surcouf.

Extrait du chapitre concerné, dans l’ouvrage Mers et Marins en France d’Autrefois, Archives et Culture.

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